La situation d’ensemble est
actuellement la suivante.
Vosges et Lorraine — . On rappelle que
nos forces qui avaient pris l’offensive dans les Vosges et en Lorraine, dés le
début des opérations, et repoussé l’ennemi au-delà de nos frontières ont
ensuite subi des échecs sérieux devant Sarrebourg et dans la région de Morhange
où elles se sont heurtées à des organisations très solides, les forces ont dû
se replier dans les Vosges françaises. Les Allemands sont passés alors à
l’offensive ; mais après avoir repoussé les
attaques ennemies sur les positions de repli qu’elles avaient organisées, nos
troupes ont repris l’attaque depuis deux jours ;
cette attaque n’a cessé de progresser, bien que lentement. C’est une véritable
guerre de siège qui se poursuit dans cette région. Toute position occupée est
immédiatement organisée de part et
d’autre ; c’est ce qui explique la lenteur de
notre avance, qui n’en est pas moins caractérisé chaque jour par de nouveaux
succès locaux.
Région de Nancy et Woëvre méridionale
— . Depuis le début de la campagne, cette région comprise entre la place de
Metz et les places de Toul et de Verdun, n’a été le théâtre d’aucune opération
importante.
Direction de la Meuse entre Verdun et
Mézières — . On se rappelle que les forces françaises avaient initialement pris
l’offensive dans la direction de Longwy, Neufchâteau et Paliseul. Les troupes
opérant dans la région de Spincourt et Longuyon ont fait éprouver un échec à
l’ennemi (armée du Prince Royal). Au contraire, certaines parties de nos
troupes ont subi des échecs partiels qui les ont contraintes à s’appuyer sur la
Meuse, sans toutefois être entamées dans leur ensemble. Ce mouvement de recul a
obligé les forces opérant dans la région de Spincourt à se replier aussi vers
la Meuse. Au cours de ces dernières journées, l’ennemi a cherché à déboucher de
la Meuse avec des forces considérables ;
mais par une vigoureuse contre-offensive, il a été rejeté dans la rivière après
avoir subi de très grosses pertes. Cependant dans des forces nouvelles
allemandes se sont avancées par la région de Raroi, marchant dans la direction
de Rethel. Actuellement, une action d’ensemble est engagée dans la région
comprise entre La Meuse et Rethel sans qu’il soit possible d’en prévoir l’issue
définitive.
Opérations dans le Nord — . Les forces
franco-anglaises se sont initialement portées jusque dans la région de Dinant
& Charleroi & Mons ; quelques
échecs partiels subis, et le forcement dans la Meuse dans la région de Givet
ont contraint nos troupes à se replier, les Allemands cherchant toujours à nous
déborder par l’Ouest. C’est dans ses conditions que nos alliés anglais,
attaqués par un ennemi très supérieur en nombre dans la région de Câteau et de
Cambrai, ont dû se replier vers le Sud au moment où nos forces opéraient dans
la région d’Avesnes et de Chimay. Le mouvement de recul s’est prolongé dans les
journées suivantes ; cependant, une
bataille générale a été engagée, avant-hier, dans la région de Saint-Quentin et
de Vervins, en même temps que dans la région d’Ham et de Péronne. Cette
bataille a été marquée pour nous par un succès important ; sur notre droite, où nous avons
rejeté la Garde prussienne et le 10° corps dans l’Ain. Par contre, et toujours
en raison des progrès de l’aile droite allemande où nos adversaires ont réuni
leurs meilleurs corps d’armée, nous avons dû marquer un nouveau mouvement de
recul.
En résumé, à notre droite, après les
échecs partiels nous avons pris l’offensive et l’ennemi recule devant nous ; au centre, nous avons eu des
altercations de succès et d’échecs. Mais la bataille est de nouveau engagée à
gauche. Par une série de circonstances qui ont tourné en faveur des Allemands
et malgré des contre-offensives heureuses, les forces françaises ont dû céder du
terrain. Nulle part encore nos armées, malgré quelques échecs incontestables
ont été réellement entamés. L’état moral de nos troupes est excellent malgré
les pertes considérables subies.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire