lundi 1 septembre 2014

1° Septembre 1914 – 19H00


La situation d’ensemble est actuellement la suivante.

Vosges et Lorraine — . On rappelle que nos forces qui avaient pris l’offensive dans les Vosges et en Lorraine, dés le début des opérations, et repoussé l’ennemi au-delà de nos frontières ont ensuite subi des échecs sérieux devant Sarrebourg et dans la région de Morhange où elles se sont heurtées à des organisations très solides, les forces ont dû se replier dans les Vosges françaises. Les Allemands sont passés alors à l’offensive ; mais après avoir repoussé les attaques ennemies sur les positions de repli qu’elles avaient organisées, nos troupes ont repris l’attaque depuis deux jours ; cette attaque n’a cessé de progresser, bien que lentement. C’est une véritable guerre de siège qui se poursuit dans cette région. Toute position occupée est immédiatement organisée de  part et d’autre ; c’est ce qui explique la lenteur de notre avance, qui n’en est pas moins caractérisé chaque jour par de nouveaux succès locaux.

Région de Nancy et Woëvre méridionale — . Depuis le début de la campagne, cette région comprise entre la place de Metz et les places de Toul et de Verdun, n’a été le théâtre d’aucune opération importante.

Direction de la Meuse entre Verdun et Mézières — . On se rappelle que les forces françaises avaient initialement pris l’offensive dans la direction de Longwy, Neufchâteau et Paliseul. Les troupes opérant dans la région de Spincourt et Longuyon ont fait éprouver un échec à l’ennemi (armée du Prince Royal). Au contraire, certaines parties de nos troupes ont subi des échecs partiels qui les ont contraintes à s’appuyer sur la Meuse, sans toutefois être entamées dans leur ensemble. Ce mouvement de recul a obligé les forces opérant dans la région de Spincourt à se replier aussi vers la Meuse. Au cours de ces dernières journées, l’ennemi a cherché à déboucher de la Meuse avec des forces considérables ; mais par une vigoureuse contre-offensive, il a été rejeté dans la rivière après avoir subi de très grosses pertes. Cependant dans des forces nouvelles allemandes se sont avancées par la région de Raroi, marchant dans la direction de Rethel. Actuellement, une action d’ensemble est engagée dans la région comprise entre La Meuse et Rethel sans qu’il soit possible d’en prévoir l’issue définitive.

Opérations dans le Nord — . Les forces franco-anglaises se sont initialement portées jusque dans la région de Dinant & Charleroi & Mons ; quelques échecs partiels subis, et le forcement dans la Meuse dans la région de Givet ont contraint nos troupes à se replier, les Allemands cherchant toujours à nous déborder par l’Ouest. C’est dans ses conditions que nos alliés anglais, attaqués par un ennemi très supérieur en nombre dans la région de Câteau et de Cambrai, ont dû se replier vers le Sud au moment où nos forces opéraient dans la région d’Avesnes et de Chimay. Le mouvement de recul s’est prolongé dans les journées suivantes ; cependant, une bataille générale a été engagée, avant-hier, dans la région de Saint-Quentin et de Vervins, en même temps que dans la région d’Ham et de Péronne. Cette bataille a été marquée pour nous par un succès important ; sur notre droite, où nous avons rejeté la Garde prussienne et le 10° corps dans l’Ain. Par contre, et toujours en raison des progrès de l’aile droite allemande où nos adversaires ont réuni leurs meilleurs corps d’armée, nous avons dû marquer un nouveau mouvement de recul.

En résumé, à notre droite, après les échecs partiels nous avons pris l’offensive et l’ennemi recule devant nous ; au centre, nous avons eu des altercations de succès et d’échecs. Mais la bataille est de nouveau engagée à gauche. Par une série de circonstances qui ont tourné en faveur des Allemands et malgré des contre-offensives heureuses, les forces françaises ont dû céder du terrain. Nulle part encore nos armées, malgré quelques échecs incontestables ont été réellement entamés. L’état moral de nos troupes est excellent malgré les pertes considérables subies.

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