La bataille engagée dans l’Aisne dure depuis 8
jours, mais il n’y a pas lieu de s’en étonner si on se reporte aux souvenirs de
la guerre prusso-japonaise.
La bataille de la Marne, a été une action engagée
en rase campagne et a débuté par une reprise générale d’offensive française
contre un ennemi ne s’y attendant pas et qui n’avait pas eu le temps
d’organiser sérieusement des positions défensives.
Il n’en est pas de même pour la bataille de l’Aisne
où l’adversaire s’est arrêté sur des positions que la nature du terrain rend en
beaucoup d’endroits très solides par elle-même et dont il n’a pas pu
progressivement améliorer l’organisation. Cette bataille de l’Aisne prend donc
sur une grande partie du front un caractère de guerre de forteresse analogue
aux opérations de Mandehoussie (?).
On peut ajouter que la puissance exceptionnelle du
matériel d’artillerie lourde allemande et les canons de 75 français donnent une
valeur particulière aux fortifications passagères que les deux adversaires ont
établie. Il s’agit donc de conquérir les lignes retranchées successives et
notamment le réseau de fils de fer avec mitrailleuses. Dans ces conditions, la
progression ne peut être que lente et il arrive très fréquemment que les
attaques ne progressent que de 0,5 à 1 km.
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