dimanche 31 août 2014

31 Août 1914 – 10H43


La situation dans l’ensemble est la même que ce matin. Après une accalmie, la bataille a commencé dans les Vosges et la Lorraine.

Sur la Meuse, à Sassey, prés de Dun-sur-Meuse, un régiment d’Infanterie ennemi, qui avait tenté de passer la rivière a été anéanti.

A notre gauche, les progrès de l’aile marchante allemande nous obligent à reculer.

samedi 30 août 2014

30 Août 1914 - 07H00


En Lorraine -. La progression de nos forces s’est accentuée, nous sommes maîtres de la ligne de la montagne et notre droite avance.

Rien à signaler sur le front de la Meuse.

Une violente action a eu lieu hier dans la région de Launois (Ardenne), Signy, l’abbaye, Nivion-Porcien, sans résultat décisif. L’attaque reprendra demain.

A notre aile gauche, une véritable bataille a été menée par 4 de nos corps d’armée ; la droite de ces 4 corps prenant l’offensive a repoussé sur Guise et à l’Est une attaque conduite par le 10° corps allemand et la Garde qui ont subi des pertes considérables. La gauche a été moins heureuse. Des forces allemandes progressent dans la direction de la Fère.

vendredi 29 août 2014

29 Août 1914 – 16H30


Le Général commandant a cité à l’ordre du jour de l’armée le Sous-Lieutenant Viala du 4° bataillon des chasseurs qui est tombé mortellement blessé le 20 courant au moment où à la tête de sa section il prononçait une contre-attaque à la baïonnette. Le Sous-Lieutenant de Bastelnace du même bataillon, qui a fait preuve du plus grand courage au cours du combat du 20 août, ayant pris le commandement de sa compagnie, a tenu tête à l’ennemi, pendant 5 heures et a été tué au moment de la rejeter en arrière par une vigoureuse contre-attaque. Les Sous-Lieutenants de Vic : Picard, Monier et Guillemin  du même bataillon ont été tués, au cours du même combat, à la tête de leurs troupes. Les citations à l’ordre de l’armée de ces officiers sont les suprêmes récompenses qui puissent être accordées à leurs familles.

Sur mer — . On confirme que trois croiseurs allemands, dont la Meine et le Coln, ont été détruits par l’escadre anglaise.

En Prusse Orientale — . L’armée russe a investi complètement Königsberg et s’est emparée d’Alensteim. Les troupes allemandes sont en retraite.

En Galicie — . Les combats commencés le 26 août du côté de Lemberg se sont transformés en une bataille générale sur un front de 300 kms.

En Pologne — . À Petrokof, les Russes ont mis complètement en déroute 3 escadrons allemands et une compagnie cycliste.

28 Août 1914 – 07H00


Dans les Vosges — . Nos troupes ont repris l’offensive et refoulent les forces allemandes, qui, hier, les avaient fait reculer du coté de Saint-Dié. Les Allemands ont bombardé hier Saint-Dié Ville ouverte.

Dans la région entre les Vosges et Nancy, notre offensive est interrompue depuis 8 jours. Les pertes allemandes sont considérables. On trouve, au Sud Est de Nancy, sur un front de 3 kilomètres 8500 morts allemands et sur un front de 4 kilomètres 4550 morts.

Longwy très vieille forteresse dont la garnison se composait d’un bataillon, bombardé, depuis le 3 août, a capitulé aujourd’hui, après avoir tenu 24 jours. Plus de la moitié de l’effectif a été tué ou blessé. Le Lieutenant Colonel Darche, gouverneur de Longwy a été nommé officier de la Légion d’Honneur pour conduite héroïque dans la défense de la ville.

Sur la Meuse — . Nos troupes ont poussé avec une extrême vigueur plusieurs attaques allemandes. Un drapeau a été pris.

Les troupes belges de la défense mobile de Namur et le régiment français qui les appuyait ont rejoint nos lignes.

Dans le Nord — . L’armée anglaise attaquée par des forces très supérieures en nombre a dû, après une brillante résistance, se reporter un peu en arrière à sa droite.

Nos armées ont maintenu leurs positions.

27 Août 1914 – 07H00


D’une façon générale, notre offensive progresse entre Nancy et les Vosges. Toutefois, notre droite a dû légèrement se replier dans la région de Saint-Dié. L’ennemi paraît avoir subi des pertes considérables. On a trouvé plus de 1500 cadavres dans un endroit très restreint. Dans une tranchée, une section tout entière avait été fauchée par nos obus : les morts étaient cloués sur place dans la position du tireur en joue. Il se livre dans cette région, depuis trois jours, des combats acharnés qui paraissent tourner à notre avantage.

En Woëvre — . Aucun fait saillant, où les forces opposées semblent se recueillir après les combats de ces derniers jours.

Dans le Nord — . Les lignes franco-anglaises ont été légèrement ramenées en arrière. La résistance continue.

Le Président de la République a accepté la démission du Cabinet qui lui a remis le Président du Conseil. Il a chargé M. Viviani de former un nouveau cabinet qui est ainsi constitué.

Président du Conseil – sans portefeuille

M. Viviani

Vice-Président, Ministre de Justice

M. Briand

Affaires étrangères

M. Delcassé

Intérieur

M. Maloy

Finances

M. Ribot

Guerre

M. Millerand

Marine

M. Angagneur

Instruction publique

M. A. Sarraut

Travaux publics

M. Sembat

Commerce, Postes & Télégraphes

M. Thoubon

Colonies

M. Doumergue

Agriculture

M. David

Travail

M. Bienvenu-Martin

Sans portefeuille

M. J. Guesde

Aujourd’hui paraît au journal officiel, un décret nommant le Général Gallieni Commandant de l’armée de Paris et Gouverneur Militaire.

Avec une admirable abnégation, le Général Michel a demandé un commandement sous les ordres du chef qu’est le Général Gallieni.

27 Août – 18H00

Sur le front, région Nord, les événements d’hier n’ont à aucun degré ni compromis ni modifié les dispositions prises en vue du développement des opérations. Dans la région entre les Vosges et Nancy, nos troupes continuent à progresser.

En Russie orientale — . Les troupes allemandes ont évacué après la victoire des Russes la région de Mazurenland. Les Russes n’ont eu à subir aucun arrêt dans ce terrain très difficile, dont ils occupent les débouchés Ouest. Il se confirme qu’ils ont pris 100 canons à l’ennemi.

En Galicie — . L’offensive se poursuit normalement dans la région du Sud et du Sud-Ouest de Tarnopol.

Le prince Ernest de Sax-Meinigen grièvement blessé et prisonnier a été hospitalisé à Maubeuge.

Les opérations austro-hongroises — . Les victoires remportées par l’armée serbe ont amené les troupes austro-hongroises qui s’étaient avancées dans l’ancien Sandjack de Noui-Bazer sur Prujolie et Navaron a évacuer cette dernière ville et elles se sont retirées sur Sandjack.

Le ministre de la Guerre a adressé au Général Joffre la lettre suivante : « Mon cher Général,
Au moment où je prends la direction du ministère de la Guerre, je veux que mon premier mot soit pour envoyer aux troupes qui combattent sous vos ordres et à leur chef, le témoignage de l’admiration et de la confiance du gouvernement de la République et du pays.
La France est assurée de la victoire parce qu’elle est résolue de l’obtenir. A votre exemple et à celui de vos armées, elle gardera le calme de la maîtrise de soi, gage du succès soumis à la discipline de fer qui est la loi et la force des armées. La nation tout entière levée pour la défense du sol et ses libertés a accepté dans un cœur ferme toutes des épreuves même les plus cruelles. Patience et tenace, forte de son droit elle tiendra.
Je vous donne l’accolade.
Millerand »

26 Août 1914 – 10h40


En Belgique. — À l’Ouest de la Meuse, par la suite des ordres donnés avant hier, par le General en chef les troupes qui doivent demeurer sur la ligne de la couverture pour y prendre une attitude définitive se sont massées de la manière suivante : les troupes franco-anglaises occupent une ligne de front passant par le voisinage de Givet ; elles ont gagné le front en combattant et en tenant en respect leur adversaire dont l’offensive a été nettement arrêtée.

À l’Est de la Meuse, sur ce front aussi, par ordre du General en chef, nos troupes ont regagné leurs emplacements de départ en maîtrisant les débouchés des Ardennes.

Plus à droite, nous avons pris une vigoureuse offensive en faisant reculer l’ennemi. Mais le General Joffre a arrêté la poursuite pour rétablir les lignes qu’il avait assignées avant-hier, le front de combat. Dans cette offensive nos troupes ont fait subir à l’ennemi du côté de Virton des pertes considérables.

En Lorraine — . Deux armées ont pris une offensive combinée, l’une partant de la Couronne de Nancy, l’autre au sud de Lunéville. La bataille commencée hier continue. Au moment où nous communiquons ce résultat, on n’entend plus le canon comme on l’entendait hier aux environs de Nancy.

Le 19° corps, depuis la dernière affaire, fortement éprouvé avait été replié en arrière et s’était reconstitué : il faisait partie des deux armées combinées et a exécuté une contre-attaque très brillante.

Dans la vallée de Vesoul, l’attitude des troupes a été très brillante et montre qu’il ne reste aucun souvenir de la surprise du 20 août.

En Haute-Alsace — . Le General en chef qui avait fait appel à toutes les troupes pour faire face sur la Meuse, a donné l’ordre d’évacuer progressivement le pays occupé.
Mulhouse a été de nouveau évacué.
La grande bataille est engagée entre Maubeuge est le Donon. C’est d’elle que dépend le sort de la France et de l’Alsace. Avec elle se joue la grosse partie. C’est là que le General en chef appelle toutes les forces de la nation pour l’attaque décisive. L’action militaire entreprise dans la vallée du Rhin, en distrairaient les troupes dont dépend peut-être la victoire. Il leur faut donc quitter momentanément l’Alsace pour lui assurer la délivrance définitive, quel que soit leur chagrin de n’avoir pu la soustraire déjà à la barbarie allemande. C’est une cruelle nécessité que l’armée d’Alsace a eu peine à subir et à laquelle elle ne s’est soumise qu’à la dernière extrémité.

Dans le Nord — . Des parties de cavalerie s’étaient montrées avant-hier dans les régions de Lille, Roubaix, Tourcoing, et sont apparues hier dans la région de Douai. Cette cavalerie ne peut avancer davantage qu’en s’exposant à tomber dans les lignes anglaises et françaises.

Situation générale — . Malgré les énormes fatigues imposées par trois jours consécutifs de combat et les pertes subies, le moral des troupes est excellent. Elles ne demandent qu’à combattre. Dans la journée d’hier, le fait saillant fut la rencontre formidable des tirailleurs algériens et sénégalais avec la troupe réputée de la garde prussienne. Sur cette troupe solide, nos soldats africains se sont jetés avec une inexprimable furie. La garde a été éprouvée dans un combat qui dégénérait en corps à corps.
L’oncle de l’Empereur, le General Prince Aldeberg a été tué. Son corps a été transporté à Charleroi.
Notre armée calme et résolue continuera son magnifique effort. Elle sait le prix de cet effort. La France tout entière la suit des yeux. Elle, aussi calme et forte, sachant que tous ses fils supportent seuls pour le moment avec l’héroïque armée belge qui, hier, a repris Malines, et la vigoureuse armée anglaise, le poids d’un combat sans précédent par l’acharnement et la durée.
Pendant ce temps, Les Russes envahissent l’Allemagne.

25 Août 1914 – 16H55


Dans le Nord — . Les Allemands semblent reprendre l’offensive qui avait été arrêtée hier. Ils sont contenus par nos armées de liaison avec l’armée belge. L’armée belge sortant d’Anvers par surprise a refoulé les premiers éléments allemands et a dépassé Malines.

En Lorraine — . Après la contre-attaque de la journée d’hier, la droite de nos forces s’est repliée sur la montagne qui prolonge exactement le cours de la Meurthe de Lunéville à Nancy.

En Alsace — . Nos troupes ont repoussé plusieurs attaques allemandes dans la région de Colmar.
Le bruit qui avait couru de la reprise de Mulhouse par les Allemands est dénué de fondement.
Le théâtre d’opérations d’Alsace devient d’ailleurs secondaire.

25 Août 1914 – 07H00


Situation en Belgique — . À l’Ouest de la Meuse, l’armée de la Meuse qui se trouvait à notre gauche a été attaquée par les Allemands, admirable sous le feu, elle a résisté à l’ennemi avec son impassibilité ordinaire. L’armée française qui opérait dans cette région s’est portée à l’attaque ; 2 corps d’armée, dont les troupes d’Afrique, qui se trouvaient en tête entrainées par leur élan, ont été reçues par un feu très meurtrier. Ils n’ont pas cédé, mais contre-attaqués par la garde prussienne. Ils ont dû ensuite se replier. Ils ne l’ont fait qu’après avoir infligé à leurs adversaires des pertes énormes. Le corps d’élite de la garde a été très éprouvé.

À l’Est de la Meuse, nos troupes se sont portées à travers un pays plus difficile. Vigoureusement attaquées, au débouché des bois, elles ont dû se replier après un combat très vif au Sud de Semoy. Sur ordre du Général Joffre, nos troupes et les troupes anglaises ont pris position sur les emplacements de couverture qu’elles n’eussent pas quittés si l’admirable effort des Belges ne nous avait pas permis d’entrer en Belgique. Elles sont intactes, notre cavalerie n’a aucunement souffert ; notre artillerie a affirmé sa supériorité ; nos officiers et nos soldats demeurent dans le meilleur état physique et moral.
Du fait des ordres donnés, la lutte a changé d’aspect : pendant un temps sur la défensive. Au moment choisi par le commandant en chef elle reprendra l’offensive.
Nos pertes sont importantes. Il serait prématuré de les chiffrer. Il ne serait pas moins de chiffrer celles de l’armée allemande qui a cependant souffert au point de voir s’arrêter dans ses mouvements de contre-attaque pour s’établir sur de nouvelles positions.

Situation en Lorraine — . Nous avons hier contre-attaqué à quatre reprises en prenant des positions au Nord de Nancy et nous avons infligé aux Allemands de très grosses pertes.

Aperçu d’ensemble — . D’une manière générale nous avons conservé la pleine liberté d’utiliser notre réseau ferré et toutes les mers nous sont ouvertes pour nous approvisionner.
Nos opérations ont permis à La Russie de pénétrer jusqu’au cœur de la Prusse orientale. On doit regretter que le plan offensif par suite de difficultés impossibles à prévoir n’ait pas atteint son but, cela eût abrégé la guerre. Notre situation défensive demeure entière en présence d’un ennemi déjà affaibli.

Tous les Français déplorent l’abandon momentané de la Lorraine.
D’autre part, certaines parties du territoire national souffrant malheureusement des événements dont elles sont le théâtre, épreuves provisoires, mais inévitables. C’est ainsi que des éléments de cavalerie, appartenant à une division indépendante, opérant à l’extrême droite, sont pénétrés dans la région de Roubaix. Tourcoing qui n’est défendue que par des territoriaux.
Le courage de notre vaillante population saura supporter cette épreuve avec une foi inébranlable dans le succès final qui ne fait pas de doute.
En disant au pays la vérité entière, le gouvernement et les autorités militaires lui donnent la plus forte preuve de leur absolue confiance dans la victoire qui ne dépend que de notre persévérance et ténacité.

24 Août 1914 – 21H00


Sur le front — . Nos armées placées face à leurs objectifs se sont ébranlées, prenant partout résolument l’offensive. Entre la Moselle et Mons, la bataille générale est maintenant complètement engagée. La parole est aux combattants eux-mêmes. La situation peut-être présentée comme il suit :

En Haute Alsace — . Sur les Vosges et la Meurthe, l’ensemble des troupes est commandé par le général Pau. Les forces tiennent le front précédemment indiqué qui n’a pas subi de modification Badonviller, Lunéville (occupé par les Allemands) et Dieulouard.

Notre armée partant de la Woëvre septentrionale et se portant sur Neufchâteau (Belgique) attaque les forces allemandes qui ont défilé dans le Grand Duché de Luxembourg et sur la droite de la Semoy se portant vers l’Ouest.

Une autre armée partie de la région de Sedan, traversant l’Ardenne, attaque les corps allemands en marche entre Lesse et la Meuse.

Une troisième armée dans la région de Chimay s’est portée à l’attaque de la droite allemande entre Sambre et Meuse : elle est appuyée par l’armée anglaise partie de Mons. Le mouvement des Allemands qui avaient essayé de déborder notre gauche a été suivi pas à pas et leur droite se trouve attaquée par notre gauche en liaison avec les Anglais. De ce côté, la bataille se poursuit vivement depuis plus d’une journée, sur tout le reste du front ; elle est ainsi engagée avec un grand engagement et déjà les pertes sont sérieuses de part et d’autre. À notre extrême gauche, un groupement a été constitué dans le Nord pour parer à toute éventualité de ce côté.

24 Août – 21H00

Un journal du matin a annoncé qu’une division du 15° corps d’armée avait lâché pied devant l’ennemi ce qui aurait eu de graves conséquences pour la suite des opérations. Le fait présenté sous cette forme est inexact. Quelques défaillances individuelles ont été suivies de répressions nécessaires, mais elles n’ont pas l’importance que leur a été attribuées. Il serait injuste de faire porter la faute de quelques-uns sur tous les soldats d’une région dons tous les citoyens sont, comme les autres, prêts à donner leur vie pour le pays. Un blâme a été adressé au journal qui avait publié cette information.

24 Août 1914 – 11H40


En Belgique — . La grande bataille contre le gros des forces françaises et anglaises et le gros des forces allemandes continue. Pendant que cette action se poursuit dans laquelle nous avons l’importante mission de retenir la presque totalité des armées ennemies nos alliés de l’Est obtiennent de gros succès dont les conséquences doivent être considérables.

En Russie Orientale — . Nos alliés ont poursuivi leur mouvement en avant et ont occupé le front Tilsitt et Incburg à 70 kms à la frontière. La population allemande évacue Villenberg en raison de l’arrivée de forces de Pologne qui ont déjà pénétré très avant vers Svldau.

En Serbie — . Après leur défaite sur la Duna, les Autrichiens qui avaient tenté un mouvement offensif vers Chabalz ont été repoussés et les Serbes sont prêts à envahir les territoires au Nord de la Saxe.

24 Août 1914 – 09H00


La bataille est engagée sur le front des Vosges. La situation générale nous a déterminés à ramener en arrière nos troupes de Donon et du col de Saales. Les points n’avaient plus aucune importance étant donné que nous occupons la ligne fortifiée qui commence à la Grande Couronne de Nancy. Lunéville a été occupée par les Allemands.

En Belgique — . À Namur, les Allemands font un grand effort contre les forts qui résistent énergiquement. Les forts de Liège tiennent toujours. L’armée belge est tout entière concentrée dans le camp retranché d’Anvers, mais c’est sur la vaste ligne allant de Mons à la frontière luxembourgeoise que se joue la grosse partie. Nos troupes ont pris partout l’offensive, leur action se poursuit régulièrement en liaison avec l’armée anglaise. Nous trouvons en face de nous dans ce mouvement offensif presque la totalité de l’armée allemande (formation active & formation de réserve). Le terrain des opérations surtout à notre droite est boisé et difficile. Il est à présumer que la bataille durera plusieurs jours. L’énorme extension du front et l’importance des effectifs engagés empêchent de suivre pas à pas les mouvements de chacune de nos armées. Il convient, en effet pour apprécier cette situation d’attendre un résultat qui serve de conclusion à la première phase du combat. Si l’on procédait autrement, on fournirait des données divergentes et contradictoires jusqu’un telle bataille est nécessairement faite d’actions et de réactions qui se succèdent et s’enchainent d’une façon continue. Les informations fournies au cours du combat sur la position momentanée de nos troupes procureraient des renseignements à l’ennemi.

23 Août 1914 – 18H30


Un Zeppelin détruit — . Le zeppelin N° 8 a été abattu sur la route de Celle à Badonviller. Il venait de Strasbourg.

En Serbie — . Après la grande victoire d’hier, l’armée serbe poursuit énergiquement l’ennemi qui n’apporte aucune résistance et s’enfuit en toute hâte. Les pertes autrichiennes sont considérables : plusieurs régiments ont été anéantis. D’après le récit d’un officier ennemi fait prisonnier, le commandant en chef de la 21° division d’infanterie de Landovev a été tué dans le combat.

L’artillerie serbe a coulé à Ogratina 9 bateaux et 8 chalands ennemis.

L’armée russe — . L’armée a remporté de nouveaux succès importants prés de Gumbinnen, Goldap, Lyek à 40 kms environ de la frontière. Elle a renversé 3 corps d’armée allemands, capturé de nombreux canons ainsi que du matériel roulant, fait quantité de prisonniers et s’est emparée de Goldap et Lyek.