vendredi 29 août 2014

26 Août 1914 – 10h40


En Belgique. — À l’Ouest de la Meuse, par la suite des ordres donnés avant hier, par le General en chef les troupes qui doivent demeurer sur la ligne de la couverture pour y prendre une attitude définitive se sont massées de la manière suivante : les troupes franco-anglaises occupent une ligne de front passant par le voisinage de Givet ; elles ont gagné le front en combattant et en tenant en respect leur adversaire dont l’offensive a été nettement arrêtée.

À l’Est de la Meuse, sur ce front aussi, par ordre du General en chef, nos troupes ont regagné leurs emplacements de départ en maîtrisant les débouchés des Ardennes.

Plus à droite, nous avons pris une vigoureuse offensive en faisant reculer l’ennemi. Mais le General Joffre a arrêté la poursuite pour rétablir les lignes qu’il avait assignées avant-hier, le front de combat. Dans cette offensive nos troupes ont fait subir à l’ennemi du côté de Virton des pertes considérables.

En Lorraine — . Deux armées ont pris une offensive combinée, l’une partant de la Couronne de Nancy, l’autre au sud de Lunéville. La bataille commencée hier continue. Au moment où nous communiquons ce résultat, on n’entend plus le canon comme on l’entendait hier aux environs de Nancy.

Le 19° corps, depuis la dernière affaire, fortement éprouvé avait été replié en arrière et s’était reconstitué : il faisait partie des deux armées combinées et a exécuté une contre-attaque très brillante.

Dans la vallée de Vesoul, l’attitude des troupes a été très brillante et montre qu’il ne reste aucun souvenir de la surprise du 20 août.

En Haute-Alsace — . Le General en chef qui avait fait appel à toutes les troupes pour faire face sur la Meuse, a donné l’ordre d’évacuer progressivement le pays occupé.
Mulhouse a été de nouveau évacué.
La grande bataille est engagée entre Maubeuge est le Donon. C’est d’elle que dépend le sort de la France et de l’Alsace. Avec elle se joue la grosse partie. C’est là que le General en chef appelle toutes les forces de la nation pour l’attaque décisive. L’action militaire entreprise dans la vallée du Rhin, en distrairaient les troupes dont dépend peut-être la victoire. Il leur faut donc quitter momentanément l’Alsace pour lui assurer la délivrance définitive, quel que soit leur chagrin de n’avoir pu la soustraire déjà à la barbarie allemande. C’est une cruelle nécessité que l’armée d’Alsace a eu peine à subir et à laquelle elle ne s’est soumise qu’à la dernière extrémité.

Dans le Nord — . Des parties de cavalerie s’étaient montrées avant-hier dans les régions de Lille, Roubaix, Tourcoing, et sont apparues hier dans la région de Douai. Cette cavalerie ne peut avancer davantage qu’en s’exposant à tomber dans les lignes anglaises et françaises.

Situation générale — . Malgré les énormes fatigues imposées par trois jours consécutifs de combat et les pertes subies, le moral des troupes est excellent. Elles ne demandent qu’à combattre. Dans la journée d’hier, le fait saillant fut la rencontre formidable des tirailleurs algériens et sénégalais avec la troupe réputée de la garde prussienne. Sur cette troupe solide, nos soldats africains se sont jetés avec une inexprimable furie. La garde a été éprouvée dans un combat qui dégénérait en corps à corps.
L’oncle de l’Empereur, le General Prince Aldeberg a été tué. Son corps a été transporté à Charleroi.
Notre armée calme et résolue continuera son magnifique effort. Elle sait le prix de cet effort. La France tout entière la suit des yeux. Elle, aussi calme et forte, sachant que tous ses fils supportent seuls pour le moment avec l’héroïque armée belge qui, hier, a repris Malines, et la vigoureuse armée anglaise, le poids d’un combat sans précédent par l’acharnement et la durée.
Pendant ce temps, Les Russes envahissent l’Allemagne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire