Les Opérations en Lorraine et en
Alsace — . Nous avons annoncé hier, d’après des dépêches sommaires, que nos
troupes d’Alsace avaient réoccupé Mulhouse et que nos troupes de Lorraine,
devant un ennemi supérieur en nombre, s’étaient repliées. Voici le détail de
ces deux opérations :
En Lorraine, nos troupes se replient,
on sait qu’après avoir reconquis la frontière, nos troupes s’étaient avancées
jusqu’en Lorraine et sur tout le front du Donon jusqu’à Château-Salins. Elles
avaient refoulé jusqu’à la région des étangs des troupes allemandes et nos
avant-gardes avaient atteint Delme, Dieze et Morhange. Dans la journée d’hier,
plusieurs corps d’armée allemandes ont engagé sur tout le front, une rigoureuse
contre-attaque. Nos avant-gardes s’étaient retirées sur le gros. Le combat a
commencé extrêmement vif de part et d’autre. En raison de la supériorité
numérique de l’ennemi, nos troupes qui se battaient, depuis 6 jours, sans
interruption, ont été ramenées en arrière. Notre gauche couvre les ouvrages
avancés de Nancy ; notre droite
est solidement installée sur les rives de Donon. L’importance des forces
ennemies engagées ne nous eût permis de nous maintenir en Lorraine qu’au prix
d’une imprudence inutile.
Le succès français en Alsace — . Les
détails arrivés aujourd’hui sur l’occupation de Mulhouse montrent que nos
troupes ont trouvé un gros succès.
L’offensive d’abord sur le front de
Thann et Dannemarie et ensuite sur Mulhouse a été menée avec une extrême
vigueur par un mouvement audacieux.
Le Général Pau, une fois maître de
Thann et de Dannemarie a poussé ses troupes à l’Ouest de Mulhouse. En même
temps que notre droite se portait sur Altkirch, notre gauche s’est avancée dans
la direction de l’ennemi.LLes Allemands ont d’abord été contraints d’accepter
le combat qui a été des plus chauds ; dans un faubourg de Mulhouse, à
Donnoch, notre infanterie a enlevé à la baïonnette 24 canons et fait plusieurs
milliers de prisonniers. La lutte s’est poursuivie dans les rues de maison en
maison. Les pertes allemandes sont énormes. Continuant son succès, une partie
de notre armée a occupé Mulhouse tandis que le reste se rabattait sur Altkirch
et forçait les Allemands à se replier sur le Rhin qu’ils ont repassé en
désordre. Ainsi est atteint le but initialement fixé à nos troupes dans la
Haute-Alsace : le rejet des forces allemandes sur la rive droite du Rhin.
En Belgique — . Le mouvement de
retraite de l’armée belge a continué sans incident. Des forces de cavaleries
allemandes ont traversé Bruxelles et se dirigent vers l’Ouest.Elles ont été
suivies par un corps d’armée. La
ville a été frappée d’une contribution de guerre de 200 millions de francs.
Namur a été particulièrement investi et le feu de l’artillerie lourde a été
ouvert vers midi. Le mouvement vers l’Ouest des colonies allemandes continue
sur les deux rives de la Meuse en dehors du rayon d’action de Namur.
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