En Russie. — Au moment où le
gros des forces allemandes vient se heurter aux nôtres, d’autres vont obliger
l’Allemagne et l’Autriche à engager une nouvelle lutte qui semble devoir
prendre de suite de sérieuses proportions. On sait que les Allemands
escomptaient une défaite française décisive rapidement amenée, leur permettant
ensuite de se retourner vers nos alliés. On sait aussi qu’ils comptaient sur la
lenteur de la mobilisation russe et sur des hésitations de la Pologne. Mais le
Tsar vient de s’acquérir l’entière fidélité de la Pologne en permettant de la
reconstituer autonome dans ses limites d’autrefois ; quant à la mobilisation, elle s’est accomplie avec une
régularité remarquable et l’armée russe, maintenant prête, s’ébranle en
offensive dont les résultats ne tarderont pas à se faire sentir.
Déjà en Galicie, la cavalerie
russe franchit la frontière par le Haut-Ruc et le Haut-Saintyre. Les
détachements autrichiens : Cavalerie et quelques bataillons de
l’Infanterie, ont été bousculés dans les batailles de Lansturm. Plus à l’Est,
un détachement autrichien qui avait pénétré au sud de Tornopo a été culbuté.
L’offensive contre l’Allemagne est entamée en même temps, bien que les
Allemands aient fiévreusement travaillé depuis un an à renforcer leurs places
de la Vistule, notamment Groden et Thora. On ne saurait envisager leur
situation sur le front Est comme favorable, ils ont dû en effet faire appel à
de très nombreuses formations de réserves pour étager les corps d’armée active,
laissés sur le front. Il est douteux que ces troupes, même appuyées aux places,
puissent résister à l’attaque russe aussi longtemps que les Allemands l’avaient
espéré.
En France. — Le mouvement en
avant s’est développé sur le front de Rechicourt jusqu’à
Sainte-Marie-aux-Mines. Dans les Vosges nous avons enlevé Ste-Maris-aux-Mines
et progressé dans la région de Saint-Blaise. Les troupes françaises qui ont
occupé le Donon, avant-hier, se sont portées en avant dans la vallée de
Schirmeck notamment. Leurs progrès ont été extrêmement rapides. Nous avons fait
1000 prisonniers en plus des 500 d’avant-hier ; de
nombreux effets d’équipements ont été abandonnés par l’ennemi dans cette
région. Comme à Sainte-Marie-aux->Mines nous avons pris des canons de gros
calibre, des canons de campagne et des caissons de munitions dans les régions
de Blamont et Cirey. Nous nous sommes portés jusqu’à la hauteur de Lorquin en
enlevant le convoi d’une division de cavalerie allemande de 19 camions
automobiles, enfin sur la Meuse à Dinan, nous avons repoussé l’attaque de 2
divisions de cavalerie allemande qui ont été poursuivies par notre cavalerie,
sur la rive droite de la Meuse.
Le moral des troupes est
excellent malgré les pertes subies. Dans les divers engagements, nos officiers
ont la plus grande peine à retenir leurs hommes.
Gros succès français à Dinan.
Les Allemands ont attaqué Dinan, leurs forces comprenaient la division de la
garde et la 1° division de cavalerie avec un appui d’infanterie de plusieurs
bataillons et des compagnies de mitrailleuses. Quand ces troupes se sont trouvées
sur la rive gauche, les forces françaises les ont attaquées. Cette attaque
menée avec un entrain magnifique a bientôt amener les Allemands à reculer. En
grand désordre, ils ont repassé la Meuse ; beaucoup d’entre eux
n’ayant pu regagner le pont sont tombés dans la Meuse dont les rives sont
escarpées et le courant assez fort. Il y eut de nombreux noyés. Profitant de ce
désordre, un de nos régiments de chasseurs à cheval, a passé la rivière à la
suite des Allemands ne les a poursuivis sur un parcours de plusieurs kilomètres
et a mis en fuite les Allemands très supérieurs en nombre.
Japon. — Par l’intermédiaire
de son Ambassadeur, le gouvernement japonais a fait remettre au gouvernement
allemand un ultimatum qui a été également communiqué à l’ambassade d’Allemagne,
à Tokio, dans l’après-midi d’hier. Le gouvernement japonais demande au
gouvernement allemand -1° de retirer des eaux japonaises et chinoises ses
bâtiments de guerre ou de les désarmer. -2° dans un délai d’un mois d’évacuer
le territoire Kiao-Tchéou.
Dans la déclaration qui
accompagne cet ultimatum, le gouvernement japonais insiste sur la nécessité de
respecter les intérêts en vue desquels fut conclue l’alliance Anglo-japonaise
ainsi que son désir d’éviter toutes causes de troubles dans les mers d’Extrême-Orient.
Avant d’agir, le Japon a réglé son attitude de concert avec
l’Allemagne.
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