La
bataille est engagée sur le front des Vosges. La situation générale nous a
déterminés à ramener en arrière nos troupes de Donon et du col de Saales. Les
points n’avaient plus aucune importance étant donné que nous occupons la ligne
fortifiée qui commence à la Grande Couronne de Nancy. Lunéville a été occupée
par les Allemands.
En
Belgique — . À Namur, les Allemands font un grand effort contre les forts qui
résistent énergiquement. Les forts de Liège tiennent toujours. L’armée belge
est tout entière concentrée dans le camp retranché d’Anvers, mais c’est sur la
vaste ligne allant de Mons à la frontière luxembourgeoise que se joue la grosse
partie. Nos troupes ont pris partout l’offensive, leur action se poursuit
régulièrement en liaison avec l’armée anglaise. Nous trouvons en face de nous
dans ce mouvement offensif presque la totalité de l’armée allemande (formation
active & formation de réserve). Le terrain des opérations surtout à notre
droite est boisé et difficile. Il est à présumer que la bataille durera
plusieurs jours. L’énorme extension du front et l’importance des effectifs
engagés empêchent de suivre pas à pas les mouvements de chacune de nos armées.
Il convient, en effet pour apprécier cette situation d’attendre un résultat qui
serve de conclusion à la première phase du combat. Si l’on procédait autrement,
on fournirait des données divergentes et contradictoires jusqu’un telle
bataille est nécessairement faite d’actions et de réactions qui se succèdent et
s’enchainent d’une façon continue. Les informations fournies au cours du combat
sur la position momentanée de nos troupes procureraient des renseignements à
l’ennemi.
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