vendredi 29 août 2014

25 Août 1914 – 07H00


Situation en Belgique — . À l’Ouest de la Meuse, l’armée de la Meuse qui se trouvait à notre gauche a été attaquée par les Allemands, admirable sous le feu, elle a résisté à l’ennemi avec son impassibilité ordinaire. L’armée française qui opérait dans cette région s’est portée à l’attaque ; 2 corps d’armée, dont les troupes d’Afrique, qui se trouvaient en tête entrainées par leur élan, ont été reçues par un feu très meurtrier. Ils n’ont pas cédé, mais contre-attaqués par la garde prussienne. Ils ont dû ensuite se replier. Ils ne l’ont fait qu’après avoir infligé à leurs adversaires des pertes énormes. Le corps d’élite de la garde a été très éprouvé.

À l’Est de la Meuse, nos troupes se sont portées à travers un pays plus difficile. Vigoureusement attaquées, au débouché des bois, elles ont dû se replier après un combat très vif au Sud de Semoy. Sur ordre du Général Joffre, nos troupes et les troupes anglaises ont pris position sur les emplacements de couverture qu’elles n’eussent pas quittés si l’admirable effort des Belges ne nous avait pas permis d’entrer en Belgique. Elles sont intactes, notre cavalerie n’a aucunement souffert ; notre artillerie a affirmé sa supériorité ; nos officiers et nos soldats demeurent dans le meilleur état physique et moral.
Du fait des ordres donnés, la lutte a changé d’aspect : pendant un temps sur la défensive. Au moment choisi par le commandant en chef elle reprendra l’offensive.
Nos pertes sont importantes. Il serait prématuré de les chiffrer. Il ne serait pas moins de chiffrer celles de l’armée allemande qui a cependant souffert au point de voir s’arrêter dans ses mouvements de contre-attaque pour s’établir sur de nouvelles positions.

Situation en Lorraine — . Nous avons hier contre-attaqué à quatre reprises en prenant des positions au Nord de Nancy et nous avons infligé aux Allemands de très grosses pertes.

Aperçu d’ensemble — . D’une manière générale nous avons conservé la pleine liberté d’utiliser notre réseau ferré et toutes les mers nous sont ouvertes pour nous approvisionner.
Nos opérations ont permis à La Russie de pénétrer jusqu’au cœur de la Prusse orientale. On doit regretter que le plan offensif par suite de difficultés impossibles à prévoir n’ait pas atteint son but, cela eût abrégé la guerre. Notre situation défensive demeure entière en présence d’un ennemi déjà affaibli.

Tous les Français déplorent l’abandon momentané de la Lorraine.
D’autre part, certaines parties du territoire national souffrant malheureusement des événements dont elles sont le théâtre, épreuves provisoires, mais inévitables. C’est ainsi que des éléments de cavalerie, appartenant à une division indépendante, opérant à l’extrême droite, sont pénétrés dans la région de Roubaix. Tourcoing qui n’est défendue que par des territoriaux.
Le courage de notre vaillante population saura supporter cette épreuve avec une foi inébranlable dans le succès final qui ne fait pas de doute.
En disant au pays la vérité entière, le gouvernement et les autorités militaires lui donnent la plus forte preuve de leur absolue confiance dans la victoire qui ne dépend que de notre persévérance et ténacité.

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