Situation en Belgique — . À l’Ouest de
la Meuse, l’armée de la Meuse qui se trouvait à notre gauche a été attaquée par
les Allemands, admirable sous le feu, elle a résisté à l’ennemi avec son
impassibilité ordinaire. L’armée française qui opérait dans cette région s’est
portée à l’attaque ; 2 corps
d’armée, dont les troupes d’Afrique, qui se trouvaient en tête entrainées par
leur élan, ont été reçues par un feu très meurtrier. Ils n’ont pas cédé, mais
contre-attaqués par la garde prussienne. Ils ont dû ensuite se replier. Ils ne
l’ont fait qu’après avoir infligé à leurs adversaires des pertes énormes. Le
corps d’élite de la garde a été très éprouvé.
À l’Est de la Meuse, nos troupes se
sont portées à travers un pays plus difficile. Vigoureusement attaquées, au
débouché des bois, elles ont dû se replier après un combat très vif au Sud de
Semoy. Sur ordre du Général Joffre, nos troupes et les troupes anglaises ont
pris position sur les emplacements de couverture qu’elles n’eussent pas quittés
si l’admirable effort des Belges ne nous avait pas permis d’entrer en Belgique.
Elles sont intactes, notre cavalerie n’a aucunement souffert ; notre artillerie a affirmé sa
supériorité ; nos officiers et nos soldats
demeurent dans le meilleur état physique et moral.
Du fait des ordres donnés, la lutte a
changé d’aspect : pendant un temps sur la défensive. Au moment choisi par
le commandant en chef elle reprendra l’offensive.
Nos pertes sont importantes. Il serait
prématuré de les chiffrer. Il ne serait pas moins de chiffrer celles de l’armée
allemande qui a cependant souffert au point de voir s’arrêter dans ses
mouvements de contre-attaque pour s’établir sur de nouvelles positions.
Situation en Lorraine — . Nous avons
hier contre-attaqué à quatre reprises en prenant des positions au Nord de Nancy
et nous avons infligé aux Allemands de très grosses pertes.
Aperçu d’ensemble — . D’une manière
générale nous avons conservé la pleine liberté d’utiliser notre réseau ferré et
toutes les mers nous sont ouvertes pour nous approvisionner.
Nos opérations ont permis à La Russie
de pénétrer jusqu’au cœur de la Prusse orientale. On doit regretter que le plan
offensif par suite de difficultés impossibles à prévoir n’ait pas atteint son
but, cela eût abrégé la guerre. Notre situation défensive demeure entière en
présence d’un ennemi déjà affaibli.
Tous les Français déplorent l’abandon
momentané de la Lorraine.
D’autre part, certaines parties du
territoire national souffrant malheureusement des événements dont elles sont le
théâtre, épreuves provisoires, mais inévitables. C’est ainsi que des éléments
de cavalerie, appartenant à une division indépendante, opérant à l’extrême droite,
sont pénétrés dans la région de Roubaix. Tourcoing qui n’est défendue que par
des territoriaux.
Le courage de notre vaillante
population saura supporter cette épreuve avec une foi inébranlable dans le
succès final qui ne fait pas de doute.
En disant au pays la vérité entière,
le gouvernement et les autorités militaires lui donnent la plus forte preuve de
leur absolue confiance dans la victoire qui ne dépend que de notre persévérance
et ténacité.
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