Sur le front — . Nos armées placées
face à leurs objectifs se sont ébranlées, prenant partout résolument
l’offensive. Entre la Moselle et Mons, la bataille générale est maintenant
complètement engagée. La parole est aux combattants eux-mêmes. La situation
peut-être présentée comme il suit :
En Haute Alsace — . Sur les Vosges et
la Meurthe, l’ensemble des troupes est commandé par le général Pau. Les forces
tiennent le front précédemment indiqué qui n’a pas subi de modification
Badonviller, Lunéville (occupé par les Allemands) et Dieulouard.
Notre armée partant de la Woëvre
septentrionale et se portant sur Neufchâteau (Belgique) attaque les forces
allemandes qui ont défilé dans le Grand Duché de Luxembourg et sur la droite de
la Semoy se portant vers l’Ouest.
Une autre armée partie de la région de
Sedan, traversant l’Ardenne, attaque les corps allemands en marche entre Lesse
et la Meuse.
Une troisième armée dans la région de
Chimay s’est portée à l’attaque de la droite allemande entre Sambre et
Meuse : elle est appuyée par l’armée anglaise partie de Mons. Le mouvement
des Allemands qui avaient essayé de déborder notre gauche a été suivi pas à pas
et leur droite se trouve attaquée par notre gauche en liaison avec les Anglais.
De ce côté, la bataille se poursuit vivement depuis plus d’une journée, sur
tout le reste du front ; elle est ainsi
engagée avec un grand engagement et déjà les pertes sont sérieuses de part et
d’autre. À notre extrême gauche, un groupement a été constitué dans le Nord
pour parer à toute éventualité de ce côté.
24 Août – 21H00
Un journal du matin a annoncé qu’une
division du 15° corps d’armée avait lâché pied devant l’ennemi ce qui aurait eu
de graves conséquences pour la suite des opérations. Le fait présenté sous
cette forme est inexact. Quelques défaillances individuelles ont été suivies de
répressions nécessaires, mais elles n’ont pas l’importance que leur a été
attribuées. Il serait injuste de faire porter la faute de quelques-uns sur tous
les soldats d’une région dons tous les citoyens sont, comme les autres, prêts à
donner leur vie pour le pays. Un blâme a été adressé au journal qui avait
publié cette information.
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