vendredi 29 août 2014

24 Août 1914 – 21H00


Sur le front — . Nos armées placées face à leurs objectifs se sont ébranlées, prenant partout résolument l’offensive. Entre la Moselle et Mons, la bataille générale est maintenant complètement engagée. La parole est aux combattants eux-mêmes. La situation peut-être présentée comme il suit :

En Haute Alsace — . Sur les Vosges et la Meurthe, l’ensemble des troupes est commandé par le général Pau. Les forces tiennent le front précédemment indiqué qui n’a pas subi de modification Badonviller, Lunéville (occupé par les Allemands) et Dieulouard.

Notre armée partant de la Woëvre septentrionale et se portant sur Neufchâteau (Belgique) attaque les forces allemandes qui ont défilé dans le Grand Duché de Luxembourg et sur la droite de la Semoy se portant vers l’Ouest.

Une autre armée partie de la région de Sedan, traversant l’Ardenne, attaque les corps allemands en marche entre Lesse et la Meuse.

Une troisième armée dans la région de Chimay s’est portée à l’attaque de la droite allemande entre Sambre et Meuse : elle est appuyée par l’armée anglaise partie de Mons. Le mouvement des Allemands qui avaient essayé de déborder notre gauche a été suivi pas à pas et leur droite se trouve attaquée par notre gauche en liaison avec les Anglais. De ce côté, la bataille se poursuit vivement depuis plus d’une journée, sur tout le reste du front ; elle est ainsi engagée avec un grand engagement et déjà les pertes sont sérieuses de part et d’autre. À notre extrême gauche, un groupement a été constitué dans le Nord pour parer à toute éventualité de ce côté.

24 Août – 21H00

Un journal du matin a annoncé qu’une division du 15° corps d’armée avait lâché pied devant l’ennemi ce qui aurait eu de graves conséquences pour la suite des opérations. Le fait présenté sous cette forme est inexact. Quelques défaillances individuelles ont été suivies de répressions nécessaires, mais elles n’ont pas l’importance que leur a été attribuées. Il serait injuste de faire porter la faute de quelques-uns sur tous les soldats d’une région dons tous les citoyens sont, comme les autres, prêts à donner leur vie pour le pays. Un blâme a été adressé au journal qui avait publié cette information.

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