Aile gauche — . Le mouvement général des Allemands
continue devant les troupes anglo-françaises qui ont atteint le cours inférieur
de l’Aisne.
Au Centre — . Les armées allemandes poursuivent
leur mouvement de retraite. Nous avons franchi la Marne entre Épernay et
Vitry-le-François.
Aile droite — . L’ennemi a également entamé,
aujourd’hui, son mouvement de recul, abandonnant la région autour de Nancy.
Nous avons réoccupé Lunéville.
Poursuite de l’ennemi après la bataille de la
Marne. Malgré les fatigues occasionnées par 5 jours de combats incessants, nos
troupes poursuivent vigoureusement l’ennemi dans sa retraite générale. Cette
retraite paraît être plus rapide que ne l’avait été le mouvement de
progression. Elle est si précipitée sur certains points que nos troupes ont
ramassé dans les quartiers généraux à Montmirail, notamment, les cartes
documents, papiers personnels abandonnés par l’ennemi, ainsi que de paquets de
lettres reçues ou à expédier. Partout et entre autres dans la région de
Fronentières l’ennemi a abandonné des batteries d’obusiers et de nombreux
caissons. Les prisonniers faits donnent une impression marquée de dénuement, de
surmenage et de découragement. Les chevaux sont particulièrement harassés.
Avant la victoire de la Marne, le 6 septembre le
Général Commandant en chef des armées françaises adressait aux troupes l’ordre
du jour suivant : « Au moment où s’engage une bataille d’où dépend le
salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n’est plus à
regarder en arrière ; les efforts doivent être employés à attaquer et
refouler l’ennemi. Une troupe qui ne peut plus avancer devra garder le terrain
conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. »
Dans les circonstances actuelles, ces instructions
ont été suivies et un brillant résultat est obtenu. A l’entrée de nos troupes
victorieuses à Vitry-le-François on a trouvé dans le local où était installé
l’État Major du 8° corps d’armée l’ordre signé du Général-Lieutenant
Tulff-Von-Aschefe-und Veiden Bach : « Vitry-le-François, le 7
septembre 14, 10H30.
« Le but poursuivi par nos marches longues et
pénibles est atteint. Les principales forces françaises ont dû accepter le
combat après s’être continuellement repliées. La grande décision est
indiscutablement proche ? Demain don, la totalité des forces de l’armée
allemande ainsi que toutes celles de notre corps d’armée devront être engagées
sur toute la ligne allant de Paris à Verdun pour sauver le bien-être l’honneur
de l’Allemagne. J’attends de chaque officier et soldat, malgré les combats durs
et héroïques de ces derniers jours qu’ils accomplissent entièrement et jusqu’à
leur dernier souffle leur devoir. Tout dépend de la journée de demain. »
Ce rapprochement était intéressant à faire, il
démontre que les Allemands n’attachaient pas moins d’importance que notre
généralissime à l’issue de la bataille de la Marne
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